Exposition du 21 mai au 8 juin 2012
Galerie La Passerelle, du lundi au vendredi de 9h à 18h. Entrée libre
Un artiste entre enracinement et ouverture Le véritable art est enracinement et déracinement. Enracinement au plus profond de la terre natale : dans son héritage spirituel. Mais déracinement : ouverture à la pluie, et au soleil, aux apports fécondants des civilisations étrangères. C’est dans cette seule mesure que l’humanisme sera une civilisation de l’Universel : une civilisation nouvelle, plus civilisée parce que plus totale et sociale, plus métissée. Senghor présente ainsi le concept de métissage comme étant la manifestation la plus intime de la condition humaine.
S’il y a un artiste qui vit ce métissage culturel, c’est certainement l’artiste peintre Braïma Injaï. Il appréhende sa rencontre avec l’occident en terme de brassage culturel et son art renvoie constamment à une altérité plurielle. Né en Guinée Bissau, il arrive en France à l’âge de 17 ans, s’inscrit à l’École des Beaux-arts de Rouen où il en sort diplômé en 1990. En 1991, il obtint un master à école nationale des Beaux-Arts de Paris.
Il vit une rencontre incontournable de diversité culturelle en mélangeant les styles et en liant l’art traditionnel africain à l’art contemporain... L’ailleurs et l’ici se côtoient dans toutes ses oeuvres. Les couleurs et les formes expriment toute sa culture et toute sa sensibilité, couleurs de la terre, rouge ocre éclatant de la lumière. Le visage et le masque africain qui apparaissent très souvent dans ses peintures témoignent de la vie, des êtres, des choses et de l’au-delà. Ses toiles, peintes à l’huile dans des couleurs vives avec des formes géométriques sur fond lumineux, parlent de danses, de rituels, de vie quotidienne, de coutumes et mythes.
Avec lui, on assiste à un véritable métissage de l’Afrique et de l’Occident. Ce métissage pictural renvoie à un « branchement » des cultures qui correspond à un projet de coexistence entre l’Europe et l’Afrique. Il s’agit d’un projet visant une synthèse de deux cultures séparées et distinctives, d’un dialogue durant lequel il participe à donner à l’Occident ce qu’il a de particulier et à recevoir ce qu’il a à lui offrir. Cette relation de communion entre les cultures, c’est sa participation au rendez-vous du « donner et du recevoir ». L’art est pour lui un lieu de dialogue culturel où toutes les races se forment et se transforment : une culture ne s’enrichit qu’au contact des autres. Ses origines l’amènent à s’ouvrir, à aller voir ailleurs. Il vit aujourd’hui à Rouen et représente un témoin attentif de la mondialisation culturelle comme beaucoup d’artistes africains issus de la diaspora. Une manière de montrer qu’on peut bien être africain d’origine et pratiquer un art africain considéré comme contemporain !
Babacar Mbaye Diop - Université de Rouen/Erac - 2008
Braïma Injaï est accueilli en résidence à l’IUFM cette année.
www.braima-injai.com


